Pour beaucoup de Belges, Alost se résume à son carnaval. C’est déjà beaucoup, tant il est unique en son genre, mais la ville flamande cache bien d’autres surprises : l’un des plus anciens hôtels de ville des Pays-Bas, le premier imprimeur du pays et quelques personnages hauts en couleur. Que faire d’insolite à Alost ? Voici 12 curiosités pour découvrir Aalst autrement.

Alost ou Aalst ? Attention à ne pas vous tromper de ville

Petit piège avant de partir : il existe deux Aalst en Belgique. La ville dont parle cet article se trouve en Flandre-Orientale, entre Bruxelles et Gand, et porte le nom d’Alost en français. Mais un village du même nom se cache aussi dans le Limbourg : Aalst est l’une des sections de la commune de Saint-Trond, en pleine Hesbaye fruitière.

Si vous tapez « Aalst » dans votre GPS, vérifiez bien la province avant de prendre la route, sous peine de vous retrouver à plus d’une heure de la Grand-Place !

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1. Croiser des milliers de Voil Jeanetten

Le mardi gras, Alost vit sa journée la plus déjantée. Des milliers d’hommes envahissent les rues déguisés en femmes, avec un accoutrement très codifié : manteau de fourrure, perruque colorée, vieil abat-jour en guise de chapeau, landau, parapluie cassé, cage à oiseaux et parfois un hareng. On les appelle les « Voil Jeanetten », ce qui signifie « sales Jeannettes » en dialecte local.

La tradition est si ancrée que la ville a même organisé une foire spécialement dédiée à leur équipement, avec vieux landaus, fourrures et cages à oiseaux. Le soir, le carnaval se termine par la « popverbranding », la mise à feu d’une poupée géante sur la Grand-Place.

2. Attraper l’oignon d’or

Pourquoi surnomme-t-on les Alostois les « Ajuinen », c’est-à-dire les oignons ? Parce qu’au XIXe siècle, on en cultivait énormément dans la région. Le carnaval en a gardé une tradition savoureuse : le lundi, des milliers de bonbons en forme d’oignon sont lancés du haut de l’hôtel de ville vers la foule.

Parmi eux se cache l’oignon d’or, un véritable bijou que tout le monde espère attraper. Le même jour, les Gilles d’Alost exécutent leur célèbre danse des balais.

3. Découvrir le carnaval le plus satirique du pays

Le dimanche, le grand cortège d’Alost attire plus de 100 000 spectateurs. Sa particularité : les chars, construits par des groupes d’habitants pendant des mois, se moquent sans retenue de l’actualité locale, nationale et internationale. Personne n’est épargné, pas même les bourgmestres des communes voisines.

Que faire d’insolite à Alost ? 12 curiosités de la ville des oignons

Par Anndegeest — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, Lien

Cette liberté de ton a d’ailleurs valu à la ville une polémique internationale. Après des critiques visant certains chars, Alost a elle-même demandé en 2019 que son carnaval soit retiré de la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, une première.

4. Admirer l’un des plus vieux hôtels de ville des Pays-Bas

Grote Markt – 9300 Alost

Sur la Grand-Place se dresse le Schepenhuis, l’ancienne maison des échevins. Ses origines remontent au XIIIe siècle, ce qui en fait l’un des plus anciens hôtels de ville conservés des anciens Pays-Bas. Son beffroi, ajouté au XVe siècle, fait partie des beffrois de Belgique et de France inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, et il abrite l’un des plus anciens carillons encore en activité en Flandre.

Que faire d’insolite à Alost ? 12 curiosités de la ville des oignons

Qwertzu111111, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les Alostois ont même un mot à eux pour l’ascension de la tour : « tettentoeren ». Le beffroi est actuellement en restauration et devrait rouvrir aux visiteurs au printemps 2027.

5. Saluer le premier imprimeur du pays

Sur la Grand-Place, une statue rend hommage à Dirk Martens, un enfant d’Alost peu connu du grand public et pourtant essentiel. C’est lui qui, en 1473, imprime à Alost les premiers livres des anciens Pays-Bas méridionaux, une vingtaine d’années après la Bible de Gutenberg. Il a ensuite poursuivi son activité à Louvain et a même imprimé des œuvres d’Érasme.

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6. Rencontrer les « quatre grands » d’Alost au Gasthuys

Installé dans un ancien hôpital organisé autour d’une cour intérieure, le musée ‘t Gasthuys raconte l’histoire de la ville à travers quatre personnalités : l’imprimeur Dirk Martens, le peintre Valerius De Saedeleer, l’écrivain Louis Paul Boon et le prêtre Adolf Daens.

Ce dernier est le plus célèbre. À la fin du XIXe siècle, ce prêtre s’est battu pour les ouvriers exploités des usines alostoises, au point d’entrer en conflit avec l’Église et le pouvoir. Son histoire a inspiré le film « Daens », nominé aux Oscars. Devant le musée, une statue rend aussi hommage à Louis Paul Boon.

7. Voir Ondineke se déguiser pour le carnaval

Dans le centre, une statue représente Ondineke, un personnage imaginé par Louis Paul Boon. Le reste de l’année, elle reste sage. Mais au moment du carnaval, la ville l’habille en petite Voil Jeanette, avec abat-jour et cage à oiseaux. Un clin d’œil qui résume bien l’esprit alostois : même les statues participent à la fête.

8. Lire sous des étagères de 11 mètres à Utopia

Graanmarkt, 1 – 9300 Alost

Au cœur de la ville, Utopia réunit sous un même toit la bibliothèque municipale et l’académie des arts de la scène. Inauguré en 2018, le bâtiment a été conçu par le bureau néerlandais KAAN Architecten, qui a agrandi une ancienne école du XIXe siècle. Pour s’intégrer au centre historique, les architectes ont étudié les couleurs de la ville et choisi une brique sombre baptisée « Red Aalst ».

Que faire d’insolite à Alost ? 12 curiosités de la ville des oignons

Leo Van Vreckem, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le nom n’a rien d’un hasard : il rend hommage au célèbre livre de Thomas More, « Utopia », imprimé pour la première fois en 1516 par l’Alostois Dirk Martens. À l’intérieur, l’effet est saisissant. Une immense bibliothèque de plus de 11 mètres de haut s’élève dans l’atrium central, et les planchers en béton donnent l’impression de reposer sur les rayonnages de livres. Les architectes voulaient en faire le « salon de la ville », et c’est exactement ce qu’il est devenu : un lieu ouvert où l’on vient lire, travailler ou simplement admirer l’architecture.

9. Flâner sur l’une des plus belles Grand-Places de Flandre

La Grand-Place d’Alost mérite qu’on prenne son temps. Autour d’un vaste espace pavé se côtoient le Schepenhuis et son beffroi, l’hôtel de ville, des maisons de guildes et de belles façades anciennes, souvent occupées par des terrasses dès les premiers rayons de soleil.

Au centre trône la statue en bronze de Dirk Martens, signée Jean Geefs et installée en 1856. C’est aussi ici que bat le cœur du carnaval, et que les oignons sont lancés depuis l’hôtel de ville.

10. Admirer une gare aux allures de château

Statieplein, 9 – 9300 Alost

On ne s’attend pas à tomber sur un tel bâtiment en descendant du train. La gare d’Alost, construite entre 1852 et 1856, a été dessinée par Jean-Pierre Cluysenaar, l’architecte à qui l’on doit aussi les galeries royales Saint-Hubert à Bruxelles. Il voulait en faire une gare de prestige : son bâtiment néogothique, richement décoré, avec galerie d’arcades et tours, a de véritables allures de château.

Que faire d’insolite à Alost ? 12 curiosités de la ville des oignons

Door Japplemedia - Eigen werk, CC BY 4.0, Koppeling

Inaugurée le 6 juillet 1856 par le prince héritier, futur Léopold II, elle était le fleuron de la ligne privée de la Dendre et du Waes. C’est aujourd’hui la seule gare de cette ligne qui conserve, avec son bâtiment principal et ses deux tours, la vision d’origine de son architecte. L’ensemble est protégé comme monument.

11. Jouer les espions dans les rues de la ville

Pour découvrir Alost de manière ludique, plusieurs jeux de piste à faire avec son smartphone transforment le centre historique en terrain de jeu : énigmes à résoudre devant le beffroi, la statue de Dirk Martens ou la bibliothèque Utopia. Vous préférez rester à l’intérieur ? Le Grand Escape propose deux salles d’escape game, Speakeasy et De Verdwijning, dans le centre de la ville.

12. Partir à la chasse au street art

À Alost, les murs font la fête toute l’année. La ville est devenue une véritable galerie à ciel ouvert, avec des fresques signées par des artistes locaux et internationaux. Quelques œuvres à ne pas manquer :

  • Les halles du carnaval, peintes depuis 2002 par le graffeur WAF et son collectif Team Alosta. On y croise un dragon géant, une geisha, une petite ninja et même Dark Vador.
  • Le premier « hypecourt » de Belgique, sur la Volksplaats, que les Alostois appellent la place aux Ânes. En 2017, l’artiste Katrien Vanderlinden a transformé ce terrain de basket en une immense composition colorée, tout en gardant ses lignes de jeu.
  • Le portrait géant de Louis Paul Boon, 12 mètres de large sur 8 de haut, réalisé au pochoir par le collectif Puncheur sur la façade de la bibliothèque Utopia.
  • « A Time and Space Odisee », une fresque de 1 100 m² signée Gilles Van Schuylenbergh sur la haute école Odisee, présentée comme la plus grande œuvre de street art réalisée par un seul artiste en Flandre.
  • « The Programmer », de Jeps et Boris, remarquée à l’international par la plateforme Street Art Cities.
  • Les animaux en noir et blanc du Gantois ROA, mondialement connu, dont une musaraigne rue August Marcel.
  • Le tunnel cyclable de Keizer Kamiel, où Team Alosta rend hommage à l’ancien empereur du carnaval avec sa célèbre phrase en dialecte.
  • Le « Ratcastle », à Herdersem, une façade qui raconte la légende locale d’une maison envahie par les rats.

Pour composer votre propre parcours, l’application Street Art Cities recense les œuvres de la ville. L’office du tourisme propose aussi des visites guidées à vélo consacrées au street art.

Et le béguinage d’Alost ?

Comme beaucoup de villes flamandes, Alost a bien son béguinage. Fondé vers 1261 et dédié à sainte Catherine, il a accueilli des béguines pendant des siècles. Ne vous attendez pourtant pas à retrouver l’ambiance des béguinages de Bruges ou de Diest : les maisons d’origine ont toutes été remplacées par des logements sociaux dans les années 1950.

Que faire d’insolite à Alost ? 12 curiosités de la ville des oignons

Par Trougnouf (Benoit Brummer) — Travail personnel, CC BY 4.0, Lien

Il subsiste l’église Sainte-Catherine et un morceau de l’ancien mur d’enceinte, protégés comme monument depuis 1973. Un détour possible pour les curieux d’histoire, mais pas un incontournable.

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