Pourquoi s’évader de prison n’était pas un crime en Belgique… jusqu’à maintenant

Pourquoi s’évader de prison n’était pas un crime en Belgique… jusqu’à maintenant

La Belgique est connue pour ses bières, ses frites et son surréalisme. Mais elle a longtemps été aussi une exception juridique méconnue : jusqu’à récemment, s’évader de prison n’était pas considéré comme un crime en soi. Une situation étonnante, souvent mal comprise, qui a alimenté de nombreuses idées reçues… et qui est aujourd’hui sur le point de disparaître.

 

Une exception historique du droit belge

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fait qu’un détenu s’évade de prison sans violence ni dégradation n’était pas automatiquement punissable en Belgique. Cette particularité remonte à l’ancien Code pénal du XIXᵉ siècle et à une interprétation juridique très spécifique.

L’idée sous-jacente était simple : le désir de liberté est considéré comme naturel. En soi, tenter de s’échapper n’était donc pas vu comme un acte criminel supplémentaire.

Ce qui était puni… et ce qui ne l’était pas

Attention, cette règle ne signifiait pas que tout était permis. Les infractions commises lors d’une évasion étaient, elles, bel et bien sanctionnées.

Un détenu risquait des poursuites s’il commettait :

  • des violences sur le personnel pénitentiaire,
  • des dégradations matérielles,
  • une effraction,
  • ou toute autre infraction pénale durant sa fuite.

De la même manière, toute personne aidant un prisonnier à s’évader s’exposait déjà à des peines parfois lourdes. La tolérance ne concernait que l’acte de fuite du détenu lui-même, dans sa forme la plus “pure”.

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Une règle souvent mal comprise

Avec le temps, cette particularité du droit belge a donné naissance à une idée largement exagérée : celle selon laquelle il était « légal » de s’évader de prison en Belgique.

En réalité, la situation était bien plus nuancée. Dans les faits, une évasion sans aucune infraction était extrêmement rare, et les conséquences disciplinaires restaient importantes, même sans poursuites pénales supplémentaires.

La fin d’une exception belge

Face aux enjeux de sécurité et à la modernisation du droit pénal, les autorités ont décidé de mettre fin à cette singularité. Un projet de loi adopté fin 2025 prévoit désormais que l’évasion en tant que telle devienne un délit.

Concrètement, un détenu qui s’évadera pourra désormais encourir une peine de prison supplémentaire, même s’il n’a commis aucune autre infraction durant sa fuite.

Pourquoi ce changement ?

Ce revirement s’inscrit dans une volonté plus large d’harmoniser le droit belge avec celui de la plupart des autres pays européens, où l’évasion est déjà considérée comme une infraction autonome.

Les partisans de la réforme estiment qu’elle renforcera la sécurité et le caractère dissuasif des sanctions, tandis que ses détracteurs doutent de son efficacité réelle sur le terrain.

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Une curiosité juridique bientôt reléguée à l’histoire

Qu’on la trouve absurde, fascinante ou simplement logique, cette règle faisait partie de ces petites bizarreries juridiques typiquement belges. Une exception discrète, souvent citée à l’étranger, qui contribuait au caractère singulier du droit belge.

D’ici peu, elle ne sera plus qu’un souvenir… et un excellent exemple de ces détails insolites qui montrent que la Belgique ne fait décidément jamais rien tout à fait comme les autres.