Chaque automne, une odeur sucrée envahit le centre de Liège : celle du lacquemant. Cette fine gaufrette coupée en deux et fourrée de sirop est devenue le symbole de la Foire d’octobre. Pourtant, son histoire commence en France, et son nom n’est pas celui d’une recette ou d’une région, mais celui d’une patronne. Voici l’origine du lacquemant, ses secrets de famille et la façon de le préparer chez vous.

Une invention née à Lille en 1903

Le lacquemant est attribué à Désiré Smidts, surnommé Désiré de Lille. En 1903, alors qu’il travaille à Lille, il s’inspire de la gaufre fourrée lilloise et lui associe un sirop de sa composition. Ce sirop est resté secret, et il l’est encore aujourd’hui dans la famille.

Désiré Smidts quitte ensuite la France pour Verviers, puis s’installe rapidement à Liège, où sa gaufrette trouve son public.

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Un nom qui vient de son employeuse

Le mot « lacquemant » n’a rien de wallon à l’origine. Il vient de Berthe Lacquemant, l’ancienne patronne de Désiré Smidts, à Lille. En donnant son nom à sa création, il lui a rendu hommage. C’est aussi ce qui explique l’orthographe avec deux « q », qui colle à l’histoire du nom.

Selon les sources, on le trouve aussi écrit « lacquement », « lacment » ou « lackeman ». Le mot est entré dans le dictionnaire en 2010.

Une origine discutée

Toutes les sources ne racontent pas la même chose. Certaines évoquent une création à la kermesse d’Anvers, et un salon de thé anversois, Désiré de Lille, sert encore des lacquemants aujourd’hui. La version lilloise reste toutefois la plus répandue en Belgique francophone et dans les articles consacrés à la famille Smidts.

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La Foire d’octobre, son terrain de jeu

Le lacquemant est indissociable de la Foire d’octobre de Liège, fondée en 1594. C’est la plus ancienne kermesse belge encore organisée aujourd’hui, avec plus d’un million et demi de visiteurs chaque année. Entre les manèges, les forains et quelques familles artisanales fabriquent encore leurs lacquemants, vendus chauds ou froids.

On en trouve aussi sur le marché de Noël. Le lacquemant est donc surtout un produit de saison.

Comment se mange un lacquemant

  • Chaud, à peine sorti du fer, quand le sirop est encore fluide
  • Froid, quand le sirop s’est figé et que la gaufrette devient plus croquante
  • Dans un cornet, plié en bas pour retenir le sirop qui coule
  • En boîte, pour en rapporter à la maison

Autre particularité : le lacquemant se conserve plusieurs semaines. Au fil du temps, il se confit, et c’est précisément ce qu’apprécient certains amateurs.

Un secret de famille bien gardé

La famille Smidts affirme fabriquer ses lacquemants selon la recette de Désiré, qu’elle garde jalousement. Plusieurs personnes ont tenté de la copier au fil des années, avec plus ou moins de succès, selon les descendants. Le sirop est le cœur du secret : les autres fabricants ont chacun leur version.

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Où en manger

La Foire d’octobre reste l’endroit idéal, avec les stands des forains. La boutique Mr Smidts permet aussi d’en goûter hors saison.

Peut-on en faire à la maison ?

Oui, à condition d’avoir un gaufrier à fines mailles, comme pour les gaufrettes. Voici une version maison proposée par la Maison du Tourisme du Pays de Liège. Ce n’est pas le sirop secret des Smidts, mais elle s’en approche dans l’esprit.

Pour environ 10 lacquemants

Ingrédients de la pâte

  • 300 g de farine de froment
  • 1 cuillère à café de levure de boulanger sèche
  • 50 g de beurre
  • 1 jaune d’œuf
  • 80 ml de lait tiède
  • 1 cuillère à soupe de sirop de candi
  • 1 cuillère à soupe de sucre
  • 1/2 cuillère à café de sel
  • un peu d’extrait de vanille

Ingrédients du sirop

  • 200 g de cassonade brune
  • 50 g de beurre
  • 1 cuillère à soupe de miel
  • 1 cuillère à soupe d’eau
  • 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger
  • 1 cuillère à café de cannelle

Préparation

  1. Faites bouillir tous les ingrédients du sirop, puis laissez-le refroidir.
  2. Faites tiédir le lait avec le beurre, mélangez-le au reste des ingrédients de la pâte et pétrissez 2 à 3 minutes.
  3. Laissez lever la pâte dans un endroit chaud jusqu’à ce qu’elle double de volume.
  4. Pétrissez-la à nouveau 1 minute, puis formez des boules de 20 g que vous étirez à 10 cm.
  5. Faites cuire chaque boule dans le gaufrier à fines mailles.
  6. Coupez immédiatement la gaufrette en deux dans l’épaisseur et garnissez-la de sirop refroidi.

Astuce : coupez la gaufrette dès la sortie du fer, quand elle est encore chaude, sinon elle devient plus difficile à ouvrir.

Foire aux questions

Qu’est-ce qu’un lacquemant ?

C’est une fine gaufrette de froment, coupée en deux dans l’épaisseur et fourrée d’un sirop de sucre parfumé à la fleur d’oranger.

D’où vient le nom « lacquemant » ?

Il vient de Berthe Lacquemant, l’ancienne employeuse à Lille de Désiré Smidts, l’inventeur de la gaufrette.

Un lacquemant se mange-t-il chaud ou froid ?

Les deux se pratiquent. Chaud, le sirop est fluide. Froid, la gaufrette est plus croquante.

Où manger un lacquemant à Liège ?

À la Foire d’octobre, sur le marché de Noël, ou dans la boutique Mr Smidts pour les glaces au lacquemant.

Peut-on faire des lacquemants à la maison ?

Oui, avec un gaufrier à fines mailles. Le sirop original reste un secret de famille, mais une version maison s’en approche.

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