Sorcière vengeresse, enfant égaré, petit héros ou prince croisé : quatre légendes se disputent l’origine de Manneken-Pis, la statuette la plus célèbre de Bruxelles. Personne ne sait laquelle dit vrai, et c’est peut-être ce qui fait son charme. Entre récits populaires, vols rocambolesques et garde-robe de plus de 1000 costumes, découvre l’histoire étonnante de ce petit bonhomme devenu aujourd’hui un véritable symbole de la capitale belge.

Pourquoi tant de légendes autour de Manneken-Pis ?

Personne ne peut dire avec certitude pourquoi un petit garçon en train d’uriner est devenu l’emblème de Bruxelles. La statuette est attestée depuis le Moyen Âge sous une forme ou une autre, et le bronze actuel est attribué à Jérôme Duquesnoy l’Ancien (1619). Faute de preuve, les Bruxellois ont inventé leurs propres explications. Quatre d’entre elles se transmettent encore aujourd’hui.

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La légende de la sorcière et du vieillard

C’est l’une des plus anciennes. Une sorcière vivait à l’angle de la rue du Chêne et de la rue de l’Étuve. Réputée pour sa méchanceté, elle restait cloîtrée le jour et ne sortait qu’à la nuit tombée. Un matin, un petit garçon qui passait par là s’est soulagé contre sa porte sans y prêter attention. Offensée, la sorcière l’a condamné à uriner sans fin. Un vieil homme au grand cœur est alors intervenu et a remplacé l’enfant par une statuette de pierre, qui s’acquitte de cette tâche depuis ce jour.

La légende du garçon égaré

Un enfant très chéri de ses parents se perd dans la foule pendant une fête à Bruxelles. Ses parents le cherchent pendant quatre jours, sans succès. Le cinquième jour, le père le retrouve enfin au coin de la rue du Chêne et de la rue de l’Étuve, occupé à faire pipi. Soulagé, il fait ériger une statuette à cet endroit pour garder le souvenir de ces retrouvailles.

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La légende du petit sauveur de Bruxelles

Dans cette version héroïque, Bruxelles est assiégée par un ennemi redoutable. Incapables de prendre la ville, les assaillants décident de l’incendier et allument une mèche. Un petit garçon remarque le danger et urine sur la mèche naissante, ce qui éteint le feu et épargne la ville. Pour le remercier, les habitants lui dédient une statue.

La légende du prince Godefroi

La dernière légende en fait un véritable prince. Godefroi, à la tête d’une armée de retour de Jérusalem, se serait arrêté au même carrefour pour se soulager, et cela aurait duré plus d’une heure. Les témoins y ont vu un miracle, et la statuette aurait été érigée pour en perpétuer la mémoire.

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Une histoire de vols et de copies

Manneken-Pis a connu plusieurs enlèvements. En 1745, des soldats anglais l’emportent. En 1747, des soldats français récidivent, et Louis XV, pour se faire pardonner, lui offre un costume de chevalier de l’ordre de Saint-Louis. En 1817, un ancien forçat, Antoine Licas, le dérobe et le brise en morceaux, qui sont retrouvés et servent à réaliser un moulage. La statue disparaît encore en 1965. La copie en place dans la rue aujourd’hui date de cette époque, tandis que l’original est conservé à la Maison du Roi, sur la Grand-Place.

Une garde-robe de plus de 1000 costumes

Le premier costume lui aurait été offert en 1698 par l’électeur de Bavière, alors gouverneur des Pays-Bas espagnols. Depuis, les dons se sont multipliés : uniformes, tenues folkloriques, déguisements de personnages célèbres, costumes offerts par des délégations du monde entier. Sa garde-robe dépasse désormais les 1000 pièces et un musée lui est consacré, la GardeRobe MannekenPis.

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Quand Manneken-Pis sert de la bière

À l’occasion de certains événements, Manneken-Pis est raccordé à un fût et sert de la bière au lieu d’eau. Une scène qui fait sourire et qui colle bien à l’image de la capitale belge.

Un petit Julien, une sœur et un chien

Les Bruxellois l’appellent affectueusement « Petit Julien » (Julianske). Il a aussi fait des émules : Jeanneke-Pis, version féminine installée en 1987, et Zinneke Pis, un chien qui lève la patte, installé en 1998. Les trois forment un petit trio insolite au cœur de la ville.

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Manneken-Pis n’est pas seul : la Belgique aime ses petits pisseurs

Manneken-Pis a fait des émules bien au-delà de Bruxelles. Dans de nombreuses villes et villages belges, on trouve une statue ou une fontaine qui reprend le thème de la figure qui urine, souvent par clin d’œil à l’esprit d’autodérision du pays. À Geraardsbergen, en Flandre-Orientale, la ville revendique même son propre Manneken-Pis, qu’elle présente comme plus ancien que celui de la capitale, et il tient une place importante dans les traditions locales. Ailleurs, ces petites statues servent de curiosité locale, de décor de fontaine ou de mascotte de quartier. Cette passion pour l’humour de bas étage fait partie de l’identité belge, et chaque coin du pays a fini par avoir sa version.

Lequel croire ?

Aucune de ces légendes n’est prouvée, et c’est justement ce qui fait la force de Manneken-Pis. Chacune reflète ce que les Bruxellois aiment d’eux-mêmes : l’humour, la débrouillardise, l’esprit frondeur et un goût certain pour l’autodérision.

Foire aux questions

Quelle est la légende la plus connue de Manneken-Pis ?

Celle du petit garçon qui éteint la mèche d’une bombe et sauve Bruxelles est l’une des plus répandues, avec celle de l’enfant perdu retrouvé par son père.

Quelle est l’origine réelle de Manneken-Pis ?

Elle reste inconnue. Le bronze actuel est attribué à Jérôme Duquesnoy l’Ancien (1619), mais les légendes évoquent une statuette plus ancienne.

La statue de la rue est-elle l’originale ?

Non, c’est une copie de 1965. L’originale est conservée à la Maison du Roi.

Combien de costumes possède Manneken-Pis ?

Plus de 1000.

Qui est Jeanneke-Pis ?

La version féminine de Manneken-Pis, installée en 1987 dans le centre de Bruxelles.

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