Au cœur du Vrijbroekpark à Malines, en province d’Anvers, se cache une ruine surprenante : celle d’un projet immobilier colossal abandonné dans les années 1970, dont il ne subsiste que deux étages de béton brut envahis par la végétation ; à l’origine, un complexe de 18 étages avec hôtel, appartements, salles de congrès et restaurant panoramique devait voir le jour à deux pas de l’E19, mais le chantier fut stoppé net, laissant derrière lui un squelette de béton que la nature a lentement transformé en refuge sauvage et en curiosité insolite.
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Un projet pharaonique jamais terminé
À la fin des années 1960, la ville de Malines voulait devenir une destination de congrès stratégique, idéalement située entre Bruxelles et Anvers grâce à la nouvelle autoroute E10 (aujourd’hui E19).
Des investisseurs imaginent alors un immense complexe comprenant :
- un hôtel de 100 chambres
- 182 appartements et 26 studios
- des salles de congrès
- un restaurant panoramique
- des commerces
- un parking de 150 places
- même une connexion directe à l’autoroute
Les travaux débutent en 1972. Mais rapidement, le projet s’effondre… financièrement. Selon certaines sources, le bâtiment aurait également commencé à s’enfoncer dans le sol marécageux du Vrijbroek.
Le chantier est arrêté alors que la structure n’atteint que deux étages.
De ruwbouw naar ruïne : la nature reprend le contrôle
Abandonnée pendant des décennies, la structure brute devient peu à peu un îlot sauvage. Située dans une zone naturellement humide façonnée par la Senne durant la dernière période glaciaire, la ruine s’intègre progressivement au paysage.
Aujourd’hui, elle abrite une biodiversité remarquable : plantes rares, insectes, oiseaux et autres espèces y trouvent refuge.
Plutôt que de la détruire, la province d’Anvers a choisi de valoriser le site. Un chemin sur pilotis (vlonderpad) permet désormais d’accéder au premier niveau de la ruine sans perturber l’écosystème fragile.
En 2021, la province a officiellement acquis la ruine, et le site a été ouvert au public en 2025.
Une atmosphère presque irréelle
Ce qui frappe, c’est le contraste :
- du béton brut
- une structure inachevée
- des arbres et roseaux qui l’encerclent
- un silence total
On se croirait dans un décor post-apocalyptique… en plein parc public. C’est l’un des rares exemples en Belgique d’un échec immobilier transformé en réserve naturelle visitable.





