Après notre tour du monde des paysages imposteurs, on a décidé de zoomer sur une destination qui fait rêver : le Japon. Entre la culture zen, les portes sacrées et les cerisiers en fleurs, l’archipel nippon exerce une fascination unique. Bonne nouvelle pour votre portefeuille et votre empreinte carbone : pas besoin de réserver un vol Bruxelles-Tokyo. La Belgique regorge de coins secrets (et d’autres très connus) qui vous plongent dans l’ambiance du Soleil Levant. Voici l’itinéraire pour un road-trip 100 % nippon… au pays de la frite.
1. Le Jardin Japonais de Hasselt : le plus grand d’Europe
C’est le poids lourd de cette liste. La ville de Hasselt le présente comme le plus grand jardin japonais d’Europe. Son histoire commence par un échange de cadeaux : pour les cinq ans du jumelage avec la ville japonaise d’Itami, Hasselt lui offre en 1990 une tour carillonnante de 43 cloches, et Itami répond en offrant le jardin. Il a ouvert au public le 20 novembre 1992.
Ici, chaque élément raconte quelque chose. La cascade s’inspire de celle du temple Tenryu-ji, à Kyoto, et symbolise la légende du koï qui devient dragon à force de remonter le courant. La maison de cérémonie, le Korokan, est construite en matériaux naturels.
L’expérience : au printemps, environ 250 cerisiers du Japon attirent les visiteurs en masse, avec une floraison qui va de la fin mars à la mi-avril, puis des érables rouges en automne.
Le spot photo : la maison de thé et la plage de galets.
2. « Les Îles du Soleil Levant » à Pairi Daiza : le petit nouveau immersif
Vous connaissiez le Jardin Chinois du parc ? Depuis 2024, Pairi Daiza a ouvert son neuvième monde, consacré au Japon. Ce n’est pas un simple jardin décoratif : le parcours reproduit les quatre grandes îles du Japon (Hokkaido, Honshu, Kyushu et Shikoku), reliées par des ponts, chacune avec sa végétation et sa faune. Le projet est signé du chef botaniste du parc, Guy Vandersande, qui se rend au Japon presque deux fois par an depuis 2002. Une réplique du Mont Fuji domine le décor.
L’expérience : à l’entrée, deux immenses statues Nio reproduisent celles du temple Todai-ji à Nara, et on y trouve aussi une rue de Kyoto et une maison de thé. Le décor compte aussi des portes torii. Côté animaux : cerfs sika, macaques japonais, grues du Japon, chiens viverrins et gibbons siamangs.
3. La Tour japonaise de Laeken : le faste impérial à Bruxelles
Impossible de la rater le long du domaine royal. Cette tour entièrement en bois mesure environ 40 mètres. Léopold II en a eu l’idée en 1900, séduit par le « Panorama du Tour du Monde » présenté à l’Exposition universelle de Paris et conçu par l’architecte français Alexandre Marcel. Le chantier a duré de 1901 à 1904, et elle a été inaugurée en 1905.
Une légende tenace en fait une vraie pagode rachetée à Paris. C’est faux : seul le pavillon d’entrée est l’œuvre d’un charpentier japonais, la tour a été bâtie par des entreprises belges et assemblée sans clous, selon les techniques traditionnelles japonaises. Autre détail : elle compte six niveaux sous cinq toits, alors qu’une pagode bouddhique en compte cinq.
L’expérience : la tour est classée depuis 2019 mais fermée pour des raisons de sécurité, et l’ensemble est fermé depuis 2013. On l’admire donc de l’extérieur, à front de l’avenue Van Praet, en face du Pavillon chinois.
On quitte la ville pour l’air marin. Le jardin se trouve au cœur du Koningspark, ancien jardin privé des chalets de Léopold II puis de la Villa royale. Shin Kai Tei associe des mots qui évoquent la profondeur et la mer. Son nom se traduit par « Jardin de la mer profonde ». Il a été conçu par l’architecte japonais Takashi Sawano et ouvert en 2001 par le prince Philippe. Le lien entre Ostende et le Japon date de 1973, avec l’implantation de l’entreprise Daikin.
L’expérience : l’étang en forme de tortue en est le cœur. Le jardin ne fait que 0,25 hectare et suit le style de la promenade. L’entrée est gratuite. Il est ouvert les week-ends de Pâques à la fin des vacances d’automne, et tous les jours pendant les vacances scolaires (hors Noël et carnaval).
5. Le bon plan : Lil’ô Bambous, un coin d’Asie près de Namur
Pour éviter la foule, direction Jemeppe-sur-Sambre. Le jardin de la pépinière Lil’ô Bambous fait voyager tantôt au Japon, tantôt en Chine ou en Indonésie. Sur 30 ares, on y trouve plus de 70 variétés de bambous, ainsi que des érables japonais, des palmiers et des bananiers. On y découvre aussi des bouddhas et pagodes en pierre.
L’expérience : ouvert en saison tous les dimanches de 10 à 17 h, et sur rendez-vous en dehors de ces heures. C’est aussi une pépinière, donc on peut repartir avec un bambou sous le bras.