Tour Saint-Laurent
Nieuport , Flandre Occidentale
Dressée à l’angle de la Willem de Roolaan à Nieuwpoort, la Tour Saint-Laurent — surnommée la Duvetorre (la Tour du Diable) — est un bloc d’histoire brute. Unique rescapée d’une église du XIIIe siècle détruite par les Anglais, cette ruine a muté en château fort, poudrière et poste d’observation en 14-18. Un spot insolite enveloppé par les mystères de la sorcellerie.
La Tour Saint-Laurent : Du sanctuaire médiéval à la forteresse militaire
Située dans la ville portuaire de Nieuwpoort, la Tour Saint-Laurent (Sint-Laurentiustoren) est un témoin architectural d’une résilience rare. Consacrée à l’origine au XIIIe siècle comme église paroissiale, elle est presque entièrement rasée par les troupes anglaises lors du siège de 1383. Seule la tour survit au désastre. Sur ordre de Philippe le Hardi, ce colosse de briques est alors intégré aux fortifications de la cité pour devenir un véritable château fort avant d’être transformé en poudrière sous le régime hollandais.
La Duvetorre : Entre pacte avec le diable et mémoire de la Grande Guerre
Ce qui rend ce monument totalement insolite, c’est le folklore sombre qui l’entoure. Surnommée la « Duvetorre » (Tour du Diable), la légende locale raconte que la célèbre sorcière de Nieuwpoort, Jeanne Panne, utilisait la base de la tour comme point de rendez-vous secret pour s’entretenir avec le malin. Face à la ruine, une œuvre d’art contemporaine rend aujourd’hui hommage à cette figure historique locale. Mais le site porte aussi les stigmates bruts de l’histoire moderne : lourdement bombardé en 1916 alors qu’il servait d’observatoire aux alliés, il abrite une plaque dédiée aux Sapeurs-Pontonniers, acteurs clés de la bataille de l’Yser.
Un spot patrimonial incontournable lors d’une escapade sur la côte belge
Officiellement classée comme monument historique, la ruine de la Tour Saint-Laurent offre un contraste visuel saisissant au cœur du paysage urbain moderne de Nieuwpoort. Ses murs de briques massifs et partiellement éventrés attirent les amateurs de vieilles pierres et d’ambiances mystiques. C’est une halte culturelle et insolite idéale à planifier à pied ou à vélo après une balade le long de l’estuaire de l’Yser, permettant de lier le grand air de la mer du Nord à la richesse du patrimoine flamand.





