Le jour où un Belge a sauvé la finale de la première Coupe du Monde… à pile ou face !

Le jour où un Belge a sauvé la finale de la première Coupe du Monde… à pile ou face !

Mettre d’accord l’Argentine et l’Uruguay en pleine crise de nerfs à l’autre bout du monde ? Facile : envoyez un Belge. Si vous pensez que le surréalisme belge se limite aux tableaux de Magritte ou à nos débats politiques, détrompez-vous. En 1930, c’est un Anversois en costume-cravate et pantalon de golf qui a sauvé la toute première finale de l’histoire de la Coupe du Monde de football grâce à un sens du compromis légendaire… et une simple pièce de monnaie. Sortez les pop-corn, on vous raconte les coulisses totalement folles de ce match de légende.

Une ambiance explosive (et des spectateurs armés)

Nous sommes le 30 juillet 1930 à Montevideo, la capitale de l’Uruguay. Pour cette première finale mondiale, l’affiche est explosive : le pays hôte affronte son voisin et grand rival, l’Argentine.

L’ambiance n’est pas juste chaude, elle est électrique. Plus de 30 000 supporters argentins ont traversé le río de la Plata à bord de paquebots en hurlant « La victoire ou la mort ! ». À l’entrée du Stade Centenario, la police fouille les spectateurs un par un pour confisquer… des armes à feu.

Le jour où un Belge a sauvé la finale de la première Coupe du Monde… à pile ou face !

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Pour arbitrer ce match à très haut risque, la FIFA fait appel à un homme de poigne : le Belge John Langenus. L’Anversois sent le roussi et accepte la mission, mais à une seule condition : qu’un paquebot soit prêt à lever l’ancre dans le port exactement une heure après le coup de sifflet final, au cas où il devrait fuir le pays en urgence pour échapper à une émeute. Prudent, le John.

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Le caprice des ballons : l’art du compromis à la belge

Mais le véritable chef-d’œuvre de diplomatie de notre arbitre national a lieu quelques minutes seulement avant le coup d’envoi. Un différend complètement absurde éclate dans les vestiaires : chaque équipe exige de jouer la finale avec son propre ballon officiel.

L’Argentine refuse le cuir uruguayen, l’Uruguay boycotte le cuir argentin. Le match est bloqué, l’incident diplomatique est imminent devant près de 70 000 spectateurs en furie.

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Qu’à cela ne tienne. Fidèle à notre art national du compromis, John Langenus entre sur la pelouse avec un ballon sous chaque bras et propose une solution surréaliste : un tirage au sort à pile ou face.

Le deal est simple : L’équipe qui gagne le tirage choisit le ballon de la première mi-temps, l’autre équipe récupère le sien pour la seconde période.

L’Argentine remporte le lancer de pièce. On joue donc les 45 premières minutes avec le ballon argentin. Résultat ? Les Argentins rentrent aux vestiaires en menant 2 buts à 1.

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Le pouvoir du ballon local

Au retour des vestiaires, changement de décor (et de ballon). C’est au tour du cuir uruguayen d’entrer en scène. Coïncidence ou véritable avantage technique ? Les Uruguayens, transcendés, survoltés (et sans doute plus à l’aise avec leur propre balle), se ruent à l’attaque.

Ils égalisent, reprennent l’avantage et scellent le score à la dernière minute grâce à un but d’Héctor Castro. Score final : 4-2 pour l’Uruguay.

Grâce à son arbitrage impeccable et sa décision historique, John Langenus a pu rejoindre son paquebot dans les temps, sain et sauf, sa casquette de golf vissée sur la tête. Le lendemain, l’Uruguay déclarait un jour de fête nationale.

Le jour où un Belge a sauvé la finale de la première Coupe du Monde… à pile ou face !

By DHM Berlin - Weidenfild and Nicolson. The Orion Publishing Group.Book: «100 years of football. The FIFA contennial book»ISBN - 0-297-84386-9For the book the photo is given DHM Berlin, Public Domain, Link

Alors, la prochaine fois qu’on vous dit que la Belgique n’a jamais brillé en finale de Coupe du Monde, rappelez-leur poliment que sans un Belge, la toute première finale de l’histoire n’aurait même pas eu de ballon pour jouer !